Couleur, modes d'existence

La couleur est un lieu

Couleur et espace imagé

À travers les époques et les cultures, la couleur a été exploitée de diverses manières pour créer et structurer la perception de l’espace dans les représentations visuelles.

Si on analyse la généralité des enluminures médiévales, la couleur était souvent utilisée de manière symbolique pour créer des espaces en accord avec la liturgie religieuse. Des arrière-plans dorés ou peints de manière uniforme, souvent agrémentés de motifs géométriques, instaurent une spatialité qui ne cherche pas être réaliste, mais spirituelle. On retrouve une approche semblable dans les miniatures persanes du XVIe siècle, où des aplats de couleur structurent l’image de manière autonome, devenant espace. La couleur devient dans ce cas un élément structural à part entière, contribuant à l’organisation de ces scènes extrêmement complexes. Cette utilisation de la couleur remonte pourtant à bien avant: Les fresques de Pompéi, datant d’à partir le IIIe siècle av. J.-C., témoignent déjà d’un usage similaire, où des plages de couleur uniforme permettent de délimiter des plans et de structurer l’image.

À la Renaissance, la couleur acquiert une fonction nouvelle dans la représentation de l’espace avec l’invention de la perspective atmosphérique. Les peintres italiens, par des gradations de couleurs successives et subtiles dans leurs arrière-plans, parviennent à suggérer une profondeur infinie et à étendre l’espace de l’image au-delà des limites du tableau.

L’avènement des images numériques au XXe siècle ouvre de nouvelles perspectives quant à l’usage de la couleur dans la construction de l’espace. Les premiers jeux vidéo, contraints par les capacités techniques limitées des ordinateurs de l’époque, exploitent la couleur pour différencier les plans et simuler la profondeur avec des moyens très simples. Des différences de gammes de couleurs et des variations de saturation permettent de créer des effets de distance et d’organisation spatiale, offrant ainsi une immersion visuelle efficace malgré des contraintes matérielles. Ce langage visuel, né de la nécessité, reste pourtant très apprécié encore aujourd’hui par son inventivité et originalité, et constitue un héritage visuel revisité par une nouvelle génération d’artistes contemporains.



Untitled (Vénus à la fourrure)
Joachim Patinier, c. 1480


Untitled (Vénus à la fourrure)
Stefan Peters, 2023


Untitled (Vénus à la fourrure)
Thomas Mazzarella, 2019


Untitled (Vénus à la fourrure)
Katsushika Hokusai, c. 1830


Untitled (Vénus à la fourrure)
Pocket Monster, Mega Drive, 2000


Untitled (Vénus à la fourrure)
Altered Beast, Mega Drive, 1988


Untitled (Vénus à la fourrure)
Villa de Fannius Synistor, Boscoreale, c 50–40 av. J.-C.


Untitled (Vénus à la fourrure)
Villa Arianna, Stabies (Varano), c. 40–30 av. J.-C.


Untitled (Vénus à la fourrure)
Valentina Amaro, 2013


Untitled (Vénus à la fourrure)
Francis Bacon, 1984


Untitled (Vénus à la fourrure)
Castle of Illusion Starring Mickey Mouse, Mega Drive, 1990


Untitled (Vénus à la fourrure)
manuscrit de l’Apocalypse de Bamberg, déb. XIe siècle


Untitled (Vénus à la fourrure)
Livre d’Heures, Bruges, c. 1460


Untitled (Vénus à la fourrure)
Miniature persane, c. 1550


Untitled (Vénus à la fourrure)
Miniature persane, c. 1550


Untitled (Vénus à la fourrure)
Peter Saul, 1965


Untitled (Vénus à la fourrure)
Edward Hopper, 1957